.I.l se tenait là devant elle. Trois heures quarante-trois du matin. Il avait les yeux cernés, les siens étaient rouges et gonflés. Elle avait tant pleuré, durant son questionnement, durant sa décision, durant l'attente. «Qu'est-ce qu'il y a ?». lui demanda-t-elle sur un ton sec, mais intrigué. Il s'avança, l'a pris dans ses bras, sans rien lui répondre. Elle n'était pas soulagée, elle craqua, se vidant encore un peu plus de ses vagues qui coulaient de ses yeux. Ses jambes tremblaient, sa tête tournait, c'est qu'elle s'en était tant voulu, énervée, c'est qu'elle en avait tant paniqué, un assemblage de faits, et encore et toujours ce trop plein qui n'avait pas débordé depuis trop longtemps. Il passait sa main dans ses cheveux, pris son visage entre ses mains froides, la regarda fixement puis sécha quelques de ses larmes qui s'attardaient sur ses joues. «Tu auras un retour, tu l'as toujours eut, même avant nous je tenais a toi, tu comptais énormément, alors imagine un seul instant maintenant que ce nous existe... Je sais que je ne suis pas très expressif par rapport à mes sentiments, mais...», il s'arrêta, comme coupé, comme si quelque chose l'effrayé dans la suite de ses paroles. Pourquoi s'arrêtait-il ? En quelques mots bien choisit, il avait fait s'envoler quelques de ses maux qui lui pesaient, quelques de ses questions qu'elle se posait. Mais en un arrêt, il y eut un retour de toutes ces négatives pensées. Il regardait le trottoir. D'un geste de main elle lui fît lever la tête. «Mais quoi ? C'est quoi exactement ce qui vient après ce mais sur lequel tu as fini ? J'en ai marre de cette situation, tu voulais qu'on parle c'est ce que l'on essaye de faire, mais commence par finir tes phrases à la place de me reprocher de ne pas en dire assez.». Elle sentait que l'adrénaline lui venait à nouveau. «Tu vois c'est impossible de parler avec toi, tu t'énerves avant même de savoir ce que j'allais dire!». Il n'avait pas totalement tord, elle le savait très bien. «Tu sais quoi je crois que nous en avons fini là pour ce soir, ce n'est même pas la peine, je ne suis pas descendu pour m'énerver, encore moins pour te perdre un peu plus alors tu vas peut-être dire que je fuis à nouveau, mais sincèrement tu... ». Il la coupa d'un coup : «Je t'aime». Une décharge lui parcouru l'âme, elle se sentit stupide d'être impulsive, elle se sentit stupide devant la sincérité de ses yeux timides, elle se sentit touchée par ses mots qu'il ne lui avait encore jamais avoué. Ils sont restés là, soutenant chacun le regard de l'autre, puis elle l'embrassa. Elle traduisit ses mots par des actes. Ouvra les yeux lui fit un sourire qui lui rendit aussitôt. Ils étaient bien, insouciant, ensembles. L'orage se dissipait au loin, mais la foudre les avait touchés l'un et l'autre à sa façons... «Moi aussi tu sais...».

